Pierre-Olivier Grand, un limougeaud au départ de la Mini Transat !

Pierre-Olivier Grand - Mini Transat

Sur Passion Limousin, nous avons à cœur de valoriser le territoire mais aussi les personnes comme Pierre-Olivier Grand, qui portent les couleurs du Limousin, en dehors de ses frontières.

Et c’est vrai que pour nous Limousins, l’Océan c’est un univers qui nous semble assez lointain. Mais lui, il a réussi à créer un lien entre les deux. À travers cet article, c’est son histoire que vous allez découvrir.

 

Apprenez-en plus sur lui et sur cette course emblématique

 

Passion Limousin : Pour commencer, nous allons vous laisser vous présenter et nous expliquer un peu comment est née cette passion pour la voile.

Pierre Olivier Grand : Je m’appelle Pierre-Olivier Grand, je vis à Limoges et je suis expert comptable stagiaire au Cabinet Audefi. Comment est née cette passion la voile ? En fait, ça a commencé assez jeune. J’ai la chance d’avoir un papa qui fait de la voile de plaisance. On avait l’habitude les étés de partir naviguer et donc j’ai appris la voile avec mon papa. Je me suis dit un beau jour, pourquoi pas franchir la porte et essayer, pour la voile, de me donner à fond, de m’investir dans une aventure qui serait assez unique.

Il faut savoir que c’est arrivé à un moment de ma vie où j’étais à la fin de mes études et où j’ai passé un diplôme clé dans le cursus d’expert comptable qui est le DSCG. Ce diplôme m’a permis ensuite de devenir expert comptable stagiaire. C’est un diplôme pour lequel j’ai beaucoup travaillé et donc je me suis dit, Pierre-Olivier, si tu as ce diplôme, il faut qu’après tu fasses quelque chose de fou, quelque chose qui te marquera toute ta vie, parce que c’est le moment, c’est là, donc il faut se lancer.

Pierre Olivier Grand

Passion LimousinVous avez quand même un parcours assez atypique. Comme vous nous l’avez dit, vous êtes expert-comptable stagiaire au cabinet Audéfi à Limoges et votre passion vous la pratiquez à la Rochelle. Comment avez-vous fait pour allier les deux ?

Pierre-Olivier Grand : Complètement, je dois dire que j’ai passé les deux années de ma vie les plus remplies. Parfois quand on se lance dans une aventure, on essaye de peser le pour et le contre et d’imaginer comment ça va être, de se projeter. C’est super important de se projeter. Mon objectif c’était, disons, de poursuivre mon cursus d’expertise comptable et en même, je voulais poursuivre cet objectif d’entrainement qui est de se préparer à la mini transat pendant deux années. Il a donc fallu voir avec mon employeur, le cabinet où je travaille actuellement, comment on pouvait s’organiser.

Je leur ai fait part de cette envie et la chance que j’ai eu c’est qu’à travers cette envie, eux, ils y ont vu une énergie. A partir de là, on a commencé à réfléchir comment on pouvait construire ce projet de navigateur avec ce projet de futur expert comptable.

Le bateau de Pierre Olivier Grand pour la Mini Transat

 

Passion LimousinNous devons vous avouer qu’avant de vous rencontrer, nous ne connaissions pas vraiment la Mini Transat et c’est surement le cas d’une majorité des Limousins. Pouvez-vous nous expliquer les spécificités de cette course et comment elle se déroule ?

Pierre-Olivier Grand : La Mini Transat c’est vraiment quelque chose de particulier. D’abord ça se court sur des mini 6,50 qui sont des voiliers monocoques de 6,50 mètres de long. La course Mini Transat en soit, c’est une transatlantique, en solitaire. La plus grande particularité de cette course, et c’est ce qui la rend complètement folle et à la fois géniale et incroyable, c’est que c’est une course sans assistance. C’est-à-dire que c’est l’une des seule course au large où l’on a aucun contact avec le continent parce qu’on est en mer. Elle se court sur des tous petits bateaux où les conditions de vie sont assez difficile. Vous imaginez ce que c’est 6,50 mètres, pour ceux qui connaissent un petit peu la voile c’est trois fois plus petit que les IMOCA, les bateaux qui courent le Vendée Globe.

On partira le 26 septembre des Sables-d’Olonne, en Vendée. La première étape se court des Sables-d’Olonne aux îles Canaries, il faut compter une dizaine de jours. Et puis ensuite la grande traversée, des Canaries jusqu’à la Guadeloupe et là, il faut compter quinze à vingt jours.

Le bateau de Pierre Olivier Grand

 

Passion Limousin : Votre bateau c’est le 824 Audéfi-Solibio, vos soutiens sont tous Limousin, est-ce que c’était important pour vous d’arriver à fédérer à vos côtés des entreprises locales ?

Pierre-Olivier Grand : Oui alors complètement ! Au delà du fait que c’était important ça a été une chance parce que j’y ai trouvé beaucoup de soutiens. Le premier soutien avec Audéfi et ensuite avec Solibio. Le fait d’être accompagné par des partenaires locaux, le fait de pouvoir mettre en avant que je suis expert comptable stagiaire à Limoges c’est devenu une force dans mon projet. Quand j’ai fait les courses en Bretagne au printemps et bien on me disait “c’est toi le skipper Limougeaud”, alors ça fait sourire mais c’est génial ! C’est génial parce qu’en fait j’amène une partie du Limousin avec moi. Lorsque je vais en Bretagne, en Vendée, en Espagne, je fais voyager toute une région et c’est ça qui est chouette.

 

Vos questions

 

Une abonnée : Quels sont les autres partenaires qui vous suivent ?

Pierre-Olivier Grand : J’ai eu la chance aussi de rencontrer la société Adage Communication qui est située à Limoges et qui a dessiné le bateau. Je suis accompagné également par l’IAE de Limoges qui a aussi été l’un de mes premiers soutiens. Il faut savoir que j’ai fait une partie de mes études à Limoges à l’IAE. Et j’ai eu un bel écho au sein de la profession des experts comptables et des commissaires aux comptes également donc je suis suivi par l’Ordre des Experts Comptables et aussi par la compagnie régionale des commissaires aux comptes.

J’ai la chance d’emmener avec moi non seulement une région mais aussi une profession et ça c’est chouette.

Une abonnée : Quels seront vos derniers préparatifs avant le départ ?

Pierre-Olivier Grand : C’est une très bonne question. J’essaye de tout faire pour m’organiser au mieux. A ce jour, tout est quasiment bouclé. La préparation du bateau, elle, en tout cas est prête. Après maintenant, il reste le sujet alimentation c’est-à-dire que tout est prêt mais bon, il reste mes sachets journaliers à faire. On est vraiment sur du fignolage, des petites touches, il ne reste plus de gros sujets.

Le seul gros sujet important, ce sera sur les dernières 72h dès qu’on aura les dernières données météos qui seront fiables et permettront de commencer à préparer les routages.

 

Un abonné : Quelle était votre précédente course ?

Pierre-Olivier Grand : Ma précédente course c’était la Puru Race Challenge qui est une transgascogne. On traverse le golfe de Gasgogne et on part de Vendée pour aller jusqu’à Bilbao, aller/retour. Ce sont généralement des courses qu’on appelle d’avant saison qui vont généralement de 3 à 8 jours environ.

 

Un abonné : Est-ce que tu as quand même un moyen de rester en contact avec ta famille et tes amis, ou est-ce que tu es vraiment seul ?

Pierre-Olivier Grand : Alors je suis vraiment seul du début à l’arrivée. Au delà de ça c’est interdit et je ne sais pas ça fait deux ans que je m’entraîne, alors c’est pour ça que ça ne me viendrait pas à l’idée de communiquer avec la terre parce que ça fait partie de cette environnement là, de l’aventure, de la course. Ce sont les règles. On apprend aussi à se débrouiller seul donc lorsqu’on est en mer seul, on sait que s’il y a une difficulté, en quelque sorte, on est seul pour y faire face.

 

Un abonné : Combien y-a-t-il de participants à la course ?

Pierre-Olivier Grand : Alors, on est 90 bateaux à partir en tout. Il faut savoir que parmi ces 90 bateaux, il existe deux catégories. La première catégorie ce sont les bateaux de série. Un bateau de série c’est un bateau qui a été construit à plus de 10 exemplaires. A côté de ça, il y a une deuxième catégorie, ce sont des sortes de mini 6,50 mais qui sont des prototypes. Donc ce sont des bateaux qui ont été construits en un seul exemplaire par un architecte et qui généralement contiennent pas mal d’évolutions. Moi je cours dans la catégorie de série c’est-à-dire que je vais me confronter au classement avec je crois entre 65 et 70 bateaux de série.

 

Une abonnée : Est-ce que vous aimez le chocolat et le café et est-ce que vous pouvez en emporter ?

Pierre-Olivier Grand : C’est une excellente question, oui je dois dire que j’aime beaucoup le chocolat. Pour moi c’est une source de réconfort, lorsqu’on est en mer et qu’on est seul, disons que ces sensations sont multipliées par 10. Donc quand on va bien, on va très très bien et quand on va mal, on a la sensation que les choses vont très mal alors que parfois elles ne vont pas si mal que ça. La bonne solution pour le réconfort, et je le conseille, c’est le chocolat. Donc oui, j’aime beaucoup le chocolat.

 

Une abonnée : Quels sont les moyens de sécurité qui sont mis à disposition pendant la course ?

Pierre-Olivier Grand : Ils sont très important et c’est important de les souligner parce qu’ils font un gros travail pour permettre à la course d’avoir lieu. Il y a un certain nombre de bateaux accompagnateurs, je crois qu’ils sont au nombre de 7. Vous imaginez bien que le fait de ne pas avoir de contacts avec la terre, cela peut parfois générer quelques complications si jamais un des skippers à des difficultés en mer. Ils vont donc se situer à des points stratégiques de la flotte pour au cas où un skipper est confronté à une situation de détresse, qu’ils puissent le secourir le plus vite possible.

 

Un abonné : Comment peut-on suivre la course en direct ?

Pierre-Olivier Grand : Pour suivre la course c’est très simple. Il existe une cartographie qui suit notre classement en temps réel. Il faudra suivre “824 Audéfi Solibio” et cette cartographie, on la retrouve sur le site de la Mini Transat.

 

Une abonnée : Qu’est-ce qui a été le plus dur pendant ces deux années de préparation ?

Pierre-Olivier Grand : C’est aussi une très bonne question. Le fait d’arriver à cumuler ma vie pro et ma perso. On est confronté à des aléas parfois, par exemple quand je suis en mer, je ne sais jamais vraiment quand je vais revenir. Et ça parfois, ça peut s’avérer compliqué surtout pour des entrainements ou des courses qui se prolongent très tard dans la nuit ou très tôt le matin alors qu’il faut être à Limoges, le lendemain à 9h. C’est une difficulté qui je pense parle à tout le monde. Le défi c’est ça d’arriver à cumuler une vie de skipper et une vie d’expert comptable stagiaire.

 

Une abonnée : Quelle est votre plus grande inquiétude lorsque vous êtes en pleine mer ?

Pierre-Olivier Grand : Vraiment ma plus grande inquiétude ce serait la casse qui en quelque sorte me condamnerait à l’abandon, ça, ce serait difficile. Mais s’il y a quelque chose comme ça qui arrive ça fait parti du jeu, de la dimension sportive donc voilà on fait avec. Et pourtant, ça n’enlève en rien la beauté de cette aventure et je dois dire que même en fait, parfois, lorsqu’on a de la casse en mer, ça rend la dimension aventure encore plus fort. Il faut sortir de là parce qu’on est seul !

 

Un abonné : Est-ce que vous emportez des pièces de rechange et du matériel pour réparer ?

Pierre-Olivier Grand : Oui, tout à fait ! On part avec une caisse à outils qui est monstrueuse, qui est plus importante que notre sac d’habits ou que notre nourriture parce que oui ça peut arriver. On essaye d’anticiper tout ce qui peut arriver. En fonction de tout ce qui peut arriver, on emporte du matériel pour éventuellement réparer.

 

Le départ c’est quand ?

 

Notez bien le 26 septembre 2021 dans vos agendas. C’est le jour du départ de la Mini Transat qui aura lieu aux Sables d’Olonne. Nous serons d’ailleurs sur place pour vous faire vivre l’événement en direct sur les réseaux sociaux.

On vous invite donc à vous abonner à notre compte Instagram pour que vous puissiez suivre le parcours de Pierre-Olivier Grand.

Pour retrouver l’interview en vidéo, cliquez ici !

Pour suivre Pierre-Olivier Grand et apprendre encore davantage, rendez-vous sur son site internet.

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